Sainte Hildegarde

Qui est Sainte Hildegarde de Bingen ?sainte-hildegarde

Hildegarde von Bermersheim est la 10ème enfant d’une famille noble de Rhénanie, en Allemagne.
Elle naît le 16 septembre 1098. Le Pape Urbain II venait de lancer la 1ère croisade en Terre Sainte.
C’était une enfant souvent malade, qui bénéficiait de visions qu’elle taisait à son entourage pour ne pas l’inquiéter.
« Dans la 3ème année de mon âge, j’ai vu une telle lumière que mon âme en a été ébranlée, mais à cause de mon enfance je n’ai rien pu en dire. »
« J’ai vu beaucoup de choses ; je les disais en toute simplicité, mais comme je voyais que cela n’arrivait à personne d’autre, je me suis tue ».

Comme c’était la coutume au Moyen-Age, le dixième enfant était «offert» à Dieu en offrande spirituelle, et à 8 ans elle est confiée à Jutta, mère Abbesse du couvent du Disibodenberg, couvent dépendant du monastère bénédictin de Spanheim.
Celle-ci lui enseignera la littérature, la musique, les Écritures, etc…
Hildegarde deviendra religieuse vers l’âge de 16 ans, puis élue Mère Abbesse à 38 ans, à la mort de Jutta.

A l’âge de 43 ans :

« Quelque chose comme un nuage lumineux dans lequel je voyais des images ou entendais des mots que j’écrivais ou dictais. C’était presque sans arrêt, entre les temps de prière avec mes sœurs et mon sommeil très court. Je n’avais pas d’extase ni de demi sommeil, mais pleinement éveillée, j’avais devant les yeux ce que la voix me demandait de transcrire. »

« Écris ce que tu vois et ce que tu entends »

Par humilité et crainte de se tromper, Hildegarde n’écrit pas….et tombe malade. Elle guérit spontanément en acceptant de le faire.
Sa rencontre avec Bernard de Clairvaux la conforte dans ce qu’elle vit. Le synode de Trèves de 1148 (Hildegarde à 50 ans) accueille ses visions avec l’approbation du Pape Eugène III.
Conclusion de l’assistance : « Il faut bien se garder d’éteindre une aussi admirable lumière animée de l’inspiration divine ! »

Fondation du Rupertsberg :

Elle reçoit de Dieu l’ordre de fonder un monastère pour elle et ses sœurs moniales. Elle en reçoit en vision les plans, la fabrication du mortier, l’emplacement…
De nouveau malade à cause du refus des moines de les laisser partir (elle attire beaucoup de jeunes filles riches qui enrichissent le monastère… des hommes). Elle retrouve la santé dès que le Père Abbé, effrayé par ses prédictions sur lui, la laisse partir.

Le SCIVIAS (connais les voies) :

Pendant une dizaine d’années, elle retranscrit fidèlement les visions reçues. Dieu lui montra « l’Histoire Sainte », à travers la création du monde, jusqu’à la Rédemption finale, en passant par l’Incarnation, la Crucifixion, la Résurrection et l’édification de l’Eglise.

Richardis :

Dieu avait mis à ses côtés le moine Volmar, qui la guidait et l’aidait à transcrire, ainsi qu’une jeune religieuse, Richardis, qui fut sa fidèle compagne. Son départ, en 1151, pour être la Mère Abbesse d’un autre couvent de Saxe, à la demande de sa riche et noble famille, fut une grande épreuve pour Hildegarde. Richardis mourut 1 an après cette séparation.
« J’aimais la noblesse de votre comportement, la sagesse et la pureté de votre âme et de tout votre être » lui écrit-elle.

Le Causa Curae et le Physica :

Elle a entre 53 et 60 ans lorsqu’elle écrit ses 2 livres de médecine, le Causa Curae et le Physica  dans lesquels elle transmet sa connaissance de tout ce qui vit, de tout ce que Dieu a mis dans la nature pour l’homme.
Dans le 1er livre, Hildegarde décrit les causes des maladies et leur remèdes.
Dans le second, elle nous parle de « l’être intérieur des différentes natures de la création« . Neuf livres sont consacrés aux plantes,  aux éléments, aux plantes, aux pierres, aux animaux, aux poissons, aux reptiles, aux pierres.

Le livre des Mérites de la Vie :

Certainement écrit entre 1158 et 1163, il comporte 6 visions, décrivant l’histoire du salut, avec l’affrontement des vertus et des vices et le triomphe de la Divinité.
35 vertus, auxquelles correspondent leurs opposés : les vices.
Nous avons la liberté de choisir, de faire grandir les vertus pour diminuer les vices, de jeûner modérément (mono diète à l’épeautre qui permet de vaincre 28 vices sur les 35 !).

Le livre des Œuvres Divines :

Ecrit de 1163 à 1174, les 10 visions données à Hildegarde révèlent « une théologie du cosmos, au centre duquel se trouve l’Homme, dans un univers où les vents, les animaux, les éléments sont en perpétuels mouvements. »
Monde où l’énergie divine et l’amour de Dieu maintient la cohésion…

La musique :

« L’âme est une symphonie » dit-elle. La musique est la forme la plus élevée de toute activité humaine, « miroir de l’harmonie des sphères et des chœurs angéliques« .
Elle compose 77 symphonies, un drame liturgique, (combat de l’âme entre les vices et les vertus). Ses chants liturgiques sont chantés aujourd’hui par les bénédictines de Rudesheim, près d’Eibingen.

Alphabet secret :

Elle crée pour sa communauté un alphabet secret, qui leur permet de communiquer entre elles, en toute discrétion !!!

Voyages missionnaires et correspondances :

Elle effectue 4 voyages missionnaires sur le Rhin. Elle visite couvents, monastères, rois, papes, prélats… Elle conseille, console, exhorte, redresse, fustige ! Elle ira jusqu’à Metz… à 70 ans !
Les lettres retrouvées nous montrent son influence auprès des papes, des rois et empereurs (dont Barberousse).
Cette petite religieuse qui se disait inculte, faible et malade a eu une influence décisive sur certains événements de l’Histoire et de l’Eglise.

Fin de Vie :

Un homme excommunié avait été enterré dans leur monastère… Mais le malentendu subsistait sur son repentir et son retour à l’Eglise. Il leur fut donc interdit de chanter la liturgie et recevoir l’Eucharistie pendant presque une année.
Ce dernier combat, dans la tristesse, l’épuisa.
Le 17 septembre 1179, elle meurt et une grande croix formée par 2 arcs en ciel se forme au-dessus du monastère.
Des guérisons et miracles sur sa tombe oblige l’évêque du lieu à lui interdire les miracles : ça dérangeaient les propriétaires des tombes voisines !

Toujours dans l’obéissance, Hildegarde cessa de faire des miracles !!!

Elle est proclamée Sainte le 10 mai 2012, (elle l’était déjà ! vox populi, vox Deï !!!) par Benoit XI.

Depuis le 7 octobre 2012, elle est la 4ème femme Docteur de l’Eglise !

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